Il y a des premiers jeux qui arrivent sur la pointe des pieds. Et il y a The Blood of Dawnwalker. Sorti le 3 septembre, le premier titre du studio polonais Rebel Wolves a passé le million d'exemplaires vendus en trois jours, s'est hissé en tête des ventes de Steam et récolte des notes que beaucoup de studios confirmés n'atteignent jamais. Derrière ce coup d'éclat, une idée simple et redoutable : un héros humain le jour, vampire la nuit, et seulement trente jours pour arracher sa famille aux griffes d'un seigneur vampire.
Rebel Wolves, les anciens de The Witcher 3 prennent leur revanche
Pour comprendre l'attente autour de Dawnwalker, il faut regarder qui l'a fait. Rebel Wolves est fondé en 2022 par Konrad Tomaszkiewicz, le directeur de The Witcher 3: Wild Hunt. Autour de lui, d'autres figures de l'époque CD Projekt : Mateusz Tomaszkiewicz à la direction créative, et Jakub Szamałek, passé par l'écriture de The Witcher 3 et de Cyberpunk 2077, à la narration.
Le studio part d'une vingtaine de personnes et grimpe à 160 salariés au printemps 2026. Budget annoncé : environ 40 millions de dollars, avec NetEase au capital et Bandai Namco à l'édition. Pas un budget de superproduction, mais une ambition qui, elle, joue clairement dans la cour des grands.

Vale Sangora, 1300 et quelques : la peste, puis les vampires
Direction l'Europe du XIVe siècle, dans Vale Sangora, une vallée imaginaire nichée au cœur des Carpates. La peste a déjà décimé la région quand un pouvoir bien plus ancien s'en empare : Brencis, un seigneur vampire qui règne en prince sur la vallée.
Vous incarnez Coen, un jeune homme ordinaire transformé en « Dawnwalker », une créature coincée entre deux mondes. Sa famille est retenue captive par Brencis, promise au sacrifice. Coen a trente jours pour la sauver et faire tomber le régime du vampire. Pas un de plus.

Le jour, l'humain. La nuit, le prédateur
C'est le cœur du jeu, et l'idée qui a mis tout le monde d'accord. Coen ne se joue pas de la même façon selon l'heure.
Le jour il reste humain. Il se bat à l'épée avec un système de combat directionnel, parle, négocie, enquête, et manie la magie du sang que lui enseigne Anca, une herboriste. C'est aussi le moment où l'on peut circuler sans être dévoré par sa propre soif.
La nuit, le vampire se réveille. Les armes laissent place aux griffes, Coen se téléporte sur de courtes distances, marche sur les murs, bondit de toit en toit et peut se nourrir de ses ennemis quand ses forces déclinent. Mais la puissance a un prix : la soif de sang monte, et il faut la garder sous contrôle.



Trois arbres de compétences, entre capacités actives et passives, permettent ensuite de façonner son Coen, plus sabreur, plus sorcier ou plus prédateur.
Trente jours, et chaque choix coûte du temps
L'autre grande idée de Rebel Wolves, c'est ce que le studio appelle un « bac à sable narratif ». La campagne est limitée à trente jours de jeu, mais le temps ne s'écoule pas quand vous explorez. Il avance quand vous accomplissez des quêtes et des actions importantes. Chaque mission est donc un choix : aider ce village, enquêter sur cette piste, ou foncer vers Brencis.
Les quêtes ne suivent pas un ordre imposé. Elles s'adaptent à ce que vous avez fait avant, à qui vous avez aidé, à qui vous avez trahi. Deux joueurs peuvent vivre deux histoires très différentes dans la même vallée.

C'est aussi le point qui fait le plus débattre. Pour une partie de la presse, ce compte à rebours rend chaque décision stressante et passionnante. Pour d'autres, la menace reste assez théorique : le site DayOne a bouclé l'essentiel du jeu en 35 heures environ, en n'utilisant qu'une vingtaine des trente jours. Bonne nouvelle pour ceux qui craignaient de rater la moitié du contenu.
Une presse sous le charme
Les notes parlent d'elles-mêmes : 84 sur Metacritic pour les versions PC et Xbox, 83 sur PS5, et 94 % de critiques qui le recommandent sur OpenCritic. Destructoid lui met 9,5 sur 10 et le sacre meilleur jeu de 2026. IGN monte à 9, GameSpot à 8, Game Informer se montre plus réservé avec 7.
Ce qui revient partout, c'est l'écriture. Dialogues, personnages, quêtes secondaires : la comparaison avec The Witcher 3 est sur toutes les lèvres, et pour une fois, elle n'est pas un simple argument marketing. Les Golden Joystick Awards l'ont d'ailleurs déjà nommé dans trois catégories : meilleure interprétation principale, meilleure narration et jeu PC de l'année.

Ce qui coince
Aucun jeu n'est parfait, et Dawnwalker ne fait pas exception. Trois reproches reviennent souvent.
Les performances d'abord. Avant la sortie, l'annonce d'un mode console limité à 40 images par seconde avait fait grincer des dents. Rebel Wolves a réagi en ajoutant un mode 60 images par seconde dans le patch du premier jour. Mais des chutes de fluidité restent signalées dans les zones les plus peuplées.
Le combat ensuite, jugé répétitif sur la durée, avec un verrouillage des cibles capricieux et une caméra qui se perd parfois dans les affrontements serrés.
Enfin, un manque de finition général, avec des déplacements parfois rigides et des pouvoirs de vampire moins polis que le reste. Rien qui empêche d'adorer le jeu, mais de quoi espérer quelques bons patchs.

Et après ? Une saga à travers les siècles
The Blood of Dawnwalker n'est qu'un début. Lors du Summer Game Fest de juin, une bande-annonce a surpris tout le monde : on y découvrait Coen de nos jours, dans un immeuble moderne. Rebel Wolves prévoit une véritable saga Dawnwalker, où chaque épisode racontera une histoire complète à une autre époque, avec de nouveaux lieux et de nouveaux ennemis.
Et le studio ne perd pas de temps : moins d'une semaine après la sortie, il recrutait déjà pour la suite.
En bref
Sortie : 3 septembre 2026
Plateformes : PC (Steam, GOG, Xbox sur PC), PlayStation 5, Xbox Series X|S
Prix : 69,99 € sur Steam
Moteur : Unreal Engine 5
Mode : solo uniquement
Durée : environ 35 heures pour l'essentiel, bien plus pour tout voir
Alors, on craque ?
Si vous avez aimé The Witcher 3, la réponse tient en un mot : oui. The Blood of Dawnwalker a ses défauts techniques, mais il a surtout ce qui manque à tant de RPG : une histoire qui vous tient, un monde qui réagit à vos choix, et une idée de gameplay que l'on n'avait jamais vue exploitée à ce point. Pour un premier jeu, c'est un coup de maître.
Dawnwalker se vit en solo. Mais si, une fois votre famille sauvée, vous avez encore soif de sang et envie de la partager avec vos amis, V Rising vous attend : construisez votre château de vampire, chassez à plusieurs et régnez sur la nuit sur votre propre serveur, prêt en quelques minutes : https://esoterhost.com/serveur-v-rising